Partager cet article :

Comment prouver la sécurité d’un environnement cloud

Sécurité d’environnement cloud : commencer par définir ce que vous devez prouver

  • Restaurer un service critique après incident (avec un objectif de temps et de perte de données).
  • Contenir une compromission (par exemple une clé exposée ou un compte à privilèges).
  • Revenir à un état optimal après une erreur de configuration.
  • Prouver la traçabilité (logs exploitables, auditabilité, preuves d’action).

Chaque capacité doit être suffisamment précise pour être testée. « Être sécurisé » n’est pas une capacité. « Restaurer le service X en moins de 4 heures avec moins de 15 minutes de perte de données » en est une.

Ensuite, vous posez quatre éléments, toujours dans le même ordre :

Périmètre Quel service, quelles données, quelles dépendances (IdP/SSO, DNS, CI/CD, stockage, secrets, certificats, etc.). En cloud, les dépendances sont souvent sous-estimées : un service « simple » dépend en réalité de l’IAM, du réseau, des secrets managés, parfois d’autres services via des API.
ObjectifsRTO/RPO, intégrité des données, sécurité des accès, observabilité. Ces objectifs doivent être mesurables. « Vite » n’est pas un objectif. « En moins de 4 heures » en est un.
Preuves attenduesLogs exploitables, artefacts de restauration, rapports d’exercice, tickets de remédiation. Sans ces preuves, vous ne pouvez pas démontrer que la capacité existe vraiment.
Qui signe Un responsable identifié (voir plus bas). Sans ownership clair, le test devient un exercice théorique que personne ne défend vraiment.

Sécurité d’environnement cloud : le protocole minimal de test

  • Démo : montrer un outil, un écran, un scan, un POC. Utile pour découvrir, mais ne prouve rien sur la capacité réelle.
  • Contrôle : vérifier qu’un paramètre est en place (chiffrement activé, règle IAM configurée, etc.). Important pour la conformité, mais insuffisant pour prouver une capacité opérationnelle.
  • Preuve de capacité : démontrer qu’un scénario réel est gérable, avec des critères définis et un résultat mesuré.
Étape 1 : Nommer la capacité à prouverSoyez précis. Ne dites pas « on sait gérer les incidents ». Dites « on sait restaurer le service X » ou « on sait contenir une compromission IAM en moins de 30 minutes ».
Exemples de capacités : restaurer, contenir, détecter, tracer, revenir à un état sûr.
Étape 2 : Écrire un scénario réaliste et une condition d’échecLe scénario doit refléter les risques réels de votre environnement cloud.
Exemples typiques :
Bucket S3 rendu public accidentellement; Clé API exposée sur GitHub; Règle réseau trop permissive ouvrant un accès non autorisé; Suppression accidentelle d’une ressource critique; Corruption de données suite à un déploiement raté; Erreur IAM donnant des droits admin à un service; Pipeline CI/CD qui pousse une mauvaise configuration en production.
La condition d’échec doit être explicite : « Si le RTO dépasse 4 heures, le test échoue ». « Si les données restaurées sont incohérentes, le test échoue ». « Si l’isolation n’est pas maintenue, le test échoue ». Pas de zone grise.
Étape 3 : Fixer des critères objectifsPour que le test soit défendable en comité, les critères doivent être mesurables : RTO : combien de temps pour revenir en service (mesuré en heures/minutes réelles); RPO : quelle perte de données acceptable (mesuré en minutes/heures de données perdues); Intégrité : données cohérentes, tests applicatifs qui passent, validation métier; Sécurité : droits minimaux reconstitués, secrets protégés, accès corrects, isolement maintenu; Observabilité : logs exploitables, événements traçables avec horodatage.
Étape 4 : Produire une preuve exploitableUn livrable court structurer comme suit : Scénario exécuté et contexte; Résultats mesurés (RTO réel, RPO réel, validations effectuées); Écarts constatés (par rapport aux objectifs); Actions de remédiation (avec responsables assignés); Owner du test; Date du prochain test.
Ce livrable transforme un test ponctuel en apprentissage permanent. C’est ce document que vous présentez en comité, en audit, ou à la direction.

Sécurité d’environnement cloud : prouver la restauration

Choisir un service critiqueCelui qui ferait le plus mal s’il tombe. Pas nécessairement le plus complexe techniquement, mais celui dont l’indisponibilité a le plus d’impact métier.
Définir un RTO/RPO cibleMême approximatif au début. Ces objectifs seront affinés après les premiers tests, quand vous aurez des données réelles. L’important est d’avoir un seuil contre lequel mesurer.
Restaurer pour de vraiPas « on sait faire ». Pas « on a la procédure ». Pas « ça devrait marcher ». Mais on l’a fait. Sur un environnement qui ressemble à la production, avec ses dépendances, ses contraintes, ses configurations réelles.
Valider trois pointsFonctionnel : Le service répond. La chaîne applicative tient. Les utilisateurs peuvent accéder au service; Intégrité : Les données restaurées sont cohérentes. La validation métier passe. Les références entre objets sont correctes; Sécurité : Les accès sont corrects (pas de restauration « ouverte » par erreur). Les secrets sont maîtrisés. Les droits minimaux sont remis en place proprement.
Ces trois dimensions sont indissociables. Une restauration rapide avec des données incohérentes n’est pas une restauration réussie. Une restauration avec données correctes mais accès non sécurisés n’est pas une restauration réussie.
Écrire le résultatUne page maximum et une structure comme celle-ci : Scénario (quel service, quel type de perte); Résultats mesurés (RTO réel, RPO réel, validations); Écarts (objectifs manqués, problèmes rencontrés); Actions (corrections avec responsables); Prochaine date de test.

Les pièges fréquents (qui donnent de faux sentiments de sécurité)

La restauration révèle systématiquement des angles morts. Les plus fréquents :

  • Sauvegarde présente mais restauration non testée : Le backup existe, mais personne n’a jamais essayé de restaurer.
  • Restauration possible mais trop lente au regard du besoin métier : Le RTO théorique était « quelques heures ». La restauration réelle prend 12 heures. Entre-temps, l’impact métier est devenu critique.
  • Données restaurées mais incomplètes (dépendances oubliées) : Le service principal est restauré, mais il dépendait d’autres services, de configurations réseau, de secrets dans un vault, de certificats et ces dépendances n’ont pas été restaurées.
  • Service restauré mais ouvert (droits trop larges, secrets mal gérés) : La restauration fonctionne techniquement, mais elle a été faite avec des droits admin temporaires qui n’ont jamais été révoqués ou les secrets ont été reconstitués en clair. La restauration crée une nouvelle vulnérabilité.

Ces pièges ne sont pas théoriques. Ils apparaissent dans la majorité des premiers tests de restauration. C’est justement pour ça que les tests sont essentiels : ils révèlent ces problèmes avant l’incident réel.

Tester la tolérance aux pannes dans un environnement cloud : l’exemple Netflix et Chaos Monkey

BYCYB, votre partenaire pour prouver la sécurité de vos environnements cloud (tests, restauration, exercices)

Une fois que vous savez prouver des capacités (restaurer, contenir, tracer) avec des scénarios et des critères, l’étape suivante est logique : tester vos guides. Dans cette logique, “tester” ne désigne pas seulement un outil ou un contrôle isolé : c’est une méthode. Et cette méthode vaut aussi pour vos procédures opérationnelles. Tester vos guides comme vous testez vos systèmes, c’est ce qui rend les discussions internes plus simples, parce qu’elles reposent sur des résultats vérifiables, pas sur des impressions ou des suppositions.